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A l’Allée Verte

Ceci nous amène à évoquer le bref passage du RSNB à l’Allée Verte de 1894 à 1911.

A l’époque, il s’agissait toujours d’une promenade pédestre qui reliait la Porte du Rivage (future place de l’Yser) au Pont de Laeken et la fin de la chaussée d’Anvers. Cette artère, jadis rendez-vous dominical des Bruxellois, avait perdu de son prestige et sa fréquentation depuis la création de l’avenue Louise et du bois de La Cambre. Même si elle présentait toujours ses 4 rangées de tilleuls sur 35 m de large, ses abords commençaient à être construits côté chaussée d’Anvers tandis que les quais du Canal de Willebroeck restaient encore accessibles.

C’est pourquoi, lorsque le 17 janvier 1894, la Ville de Bruxelles signifia au RSNB la fin de son bail précaire, c’est très logiquement que les regards des sociétaires se tournèrent vers les terrains disponibles le long de l’Allée Verte.

Chose remarquable, en un an, la Société parvint à boucler une souscription remboursable auprès de ses membres et à faire construire le bâtiment au n°76 Allée Verte qui sera inauguré en décembre 1895.
Paul Quillet est nommé trésorier en 1898.

Il est regrettable que depuis 1882, les minutes du RSNB ne contiennent plus – à de rares exceptions près – que les rapports des secrétaires concernant le palmarès sportif et ne mentionnent plus les réunions du CA ou les rapports des trésoriers, directeurs des entraînements, des fêtes ou du matériel. Tout au plus apprend-on au détour d’une page que la souscription a été entièrement remboursée en 1906, que toutes les dettes sont épongées en 1908 et qu’une réserve pour une réimplantation commence à être constituée en 1909.

Nous avons cependant pu retrouver dans les archives une photographie de l’immeuble en 1895 ainsi que de la salle de réunion :

A noter que si l’immeuble existe toujours, sa numérotation a changé à la suite de la suppression du début de l’Allée Verte et son remplacement l’Héliport puis par l’avenue de l’Héliport. Il est maintenant numéroté 56.

AC 1897 (1896 indisponible)

 

 

Il faudrait peut-être aussi que notre Secrétaire Générale bien aimée écrive à la Région de Bruxelles-Capitale pour les aider à résoudre une énigme (https://monument.heritage.brussels/fr/streets/10007001)

 

 

Parmi les habitations, citons le no56, une maison éclectique aujourd’hui reparementée, signée par l’architecte malinois E. Michiels et millésimée «1865» et «1894».

 

 

1865 se réfère bien entendu au RSNB tandis que 1894 est l’année de construction 
Pour ce qui est de la description des lieux, nous nous en réfèrerons encore une fois au président Puttaert (Addendum III) :

Pour les curieux, une explication du touage (et donc des toueurs) extraite de Wikipedia est reprise en Addendum V.
Signalons quand même que si le RSNB s’était quelque peu éloigné de la Ferme des Boues, il n’en resta pas moins poursuivi par les services de la voirie puisqu’à peu près en face du 76/56 de l’Allée Verte, une usine d’incinération projetée dès avant 1893 fut mise en activité en 1903 au nord de la ferme, à front du quai de Willebroeck et pourvue d’une cheminée de 50 mètres de haut. Désaffectée en 1918, elle disparut avant 1944.

Enfin, le destin de l’Allée Verte sera scellé par la poursuite des travaux d’agrandissement du nouveau Port (Maritime) de Bruxelles : le canal de Willebroeck devenu une impasse depuis le remblayage de l’ancien port et la suppression de la chicane vers le canal de Charleroi, sera « inauguré » en 1922 en tant que bassin de batelage Gobert en même temps que ses deux grands frères Beco et Vergote.
La bande de terre entre ces deux étendues d’eau sera occupée par les nouveaux bâtiments de la Ferme des Boues (cf Addendum I) et surtout en 1934 par les établissements Citroën.

La dernière avanie subie par cette jadis prestigieuse promenade sera la construction de l’Héliport de Bruxelles en 1953 concomitamment au remblayage du bassin Gobert et à la transformation du Quai de Willebroeck en autoroute urbaine.

Sur schéma, l’évolution de la géographie urbaine est assez remarquable :